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Petfood-score et esprit critique

Le principe fondamental du Petfood-score ABCDE : une simplification séduisante mais contestable

Pourquoi attribuer une lettre à une croquette ne permet pas d’évaluer les besoins réels d’un chien ou d’un chat

lundi 15 juin 2026, par Site Owner

Depuis plusieurs années, de nouveaux systèmes de notation cherchent à simplifier les décisions d’achat des propriétaires de chiens et de chats. Le Petfood-score ABCDE s’inscrit dans cette logique en proposant une classification allant de A à E. L’objectif affiché est de permettre une comparaison rapide des aliments pour animaux. Cependant, cette approche soulève de nombreuses interrogations. Peut-on réellement résumer la qualité d’une alimentation animale à une simple lettre ? Une croquette notée A est-elle forcément meilleure pour tous les animaux qu’une croquette notée C ? La réalité nutritionnelle apparaît beaucoup plus complexe que ce que laisse penser un classement alphabétique.

Le principe affiché du Petfood-score ABCDE

Le concept du Petfood-score ABCDE est relativement simple à comprendre.

Il consiste à attribuer une lettre à un aliment pour animaux :

  • A pour les produits considérés comme les plus favorables
  • B pour les produits jugés satisfaisants
  • C pour les produits intermédiaires
  • D pour les produits moins bien classés
  • E pour les produits considérés comme les moins favorables

Cette logique est directement inspirée du Nutri-Score destiné à l’alimentation humaine.

L’objectif est de permettre au consommateur de comparer rapidement plusieurs produits sans avoir à étudier en détail les constituants analytiques ou les listes d’ingrédients.

Sur le papier, l’idée paraît séduisante.

En pratique, elle soulève de nombreuses difficultés.

La nutrition animale ne peut pas être résumée par une seule lettre

Le principal problème du Petfood-score réside dans son principe même.

Il suppose qu’il serait possible de résumer la qualité d’une alimentation à une note unique.

Or, la nutrition animale ne fonctionne pas de cette manière.

Une alimentation n’est jamais bonne ou mauvaise dans l’absolu. Elle est adaptée ou inadaptée à un animal particulier.

Cette nuance fondamentale est souvent absente des présentations promotionnelles du Petfood-score.

Un chien de petite taille vivant en appartement ne possède pas les mêmes besoins qu’un chien de travail pratiquant une activité physique intense.

Un chiot en croissance ne possède pas les mêmes besoins qu’un chien âgé.

Un chat souffrant d’une maladie rénale ne possède pas les mêmes besoins qu’un chat en parfaite santé.

Attribuer une même lettre à une croquette revient à ignorer toutes ces différences.

L’influence du modèle Nutri-Score humain

Les promoteurs du Petfood-score expliquent souvent que leur système s’inspire du Nutri-Score.

Cette comparaison mérite pourtant d’être examinée avec prudence.

Même dans l’alimentation humaine, le Nutri-Score fait régulièrement l’objet de débats entre chercheurs, nutritionnistes et professionnels de santé.

Lorsqu’on transpose ce principe à l’alimentation animale, les difficultés deviennent encore plus importantes.

Les chiens et les chats ne sont pas des humains miniatures.

Le chat est un carnivore strict.

Le chien possède des capacités d’adaptation alimentaires différentes.

Certaines races présentent des sensibilités particulières.

Certaines maladies imposent des restrictions nutritionnelles spécifiques.

Ces paramètres sont difficiles à intégrer dans une simple lettre.

Les limites des calculs théoriques

Pour attribuer une note, le Petfood-score doit nécessairement reposer sur un algorithme.

Cet algorithme attribue une valeur positive ou négative à différents critères.

Mais qui décide de ces critères ?

Qui décide de leur importance ?

Qui décide qu’un élément mérite plus de points qu’un autre ?

Ces choix reposent toujours sur des hypothèses.

Ils ne constituent pas une vérité scientifique universelle.

Deux concepteurs de Petfood-score peuvent parfaitement obtenir des résultats différents à partir des mêmes données.

La lettre finale apparaît alors davantage comme le résultat d’un modèle mathématique particulier que comme une mesure objective de la qualité réelle d’un aliment.

Le risque de manipulation marketing

Plus un système est simple, plus il devient facile à utiliser comme argument commercial.

Une lettre affichée en évidence sur un emballage attire immédiatement l’attention.

Le consommateur est naturellement tenté de considérer qu’un produit classé A est supérieur à un produit classé C.

Pourtant, cette conclusion peut être trompeuse.

Une alimentation formulée pour un chien souffrant d’allergies alimentaires pourrait recevoir une note moins favorable qu’une alimentation standard.

Une alimentation vétérinaire destinée à un animal malade pourrait être pénalisée par certains critères de calcul alors qu’elle représente la meilleure solution pour cet animal précis.

Le danger est alors de remplacer l’analyse nutritionnelle par un simple réflexe visuel.

Pourquoi les discours présentant le Petfood-score comme fiable doivent être examinés avec prudence

Lorsqu’un article affirme que le Petfood-score est fiable, une question essentielle doit être posée :

Fiable pour qui ?

Est-il fiable pour un Yorkshire de deux kilogrammes ?

Est-il fiable pour un Dogue Allemand de soixante-dix kilogrammes ?

Est-il fiable pour un chiot ?

Est-il fiable pour un chien âgé ?

Est-il fiable pour un chat diabétique ?

Est-il fiable pour un animal allergique ?

La plupart des articles favorables au Petfood-score évitent ces questions pourtant fondamentales.

Ils présentent souvent une vision théorique de l’alimentation sans tenir compte de la diversité des situations réelles rencontrées par les propriétaires d’animaux.

L’approche de Petfood Advisor

Petfood Advisor considère que l’information nutritionnelle mérite mieux qu’une simple lettre.

L’objectif n’est pas de désigner des gagnants et des perdants parmi les marques de croquettes.

L’objectif est d’aider les consommateurs à comprendre les données disponibles afin de prendre une décision éclairée.

Cette démarche repose sur l’analyse détaillée :

  • Des protéines
  • Des matières grasses
  • Des fibres
  • Des minéraux
  • Des oméga 3 et oméga 6
  • De l’énergie alimentaire
  • De l’âge de l’animal
  • De son activité physique
  • De son état de santé

Une telle approche demande davantage de réflexion qu’un classement ABCDE, mais elle correspond beaucoup mieux à la réalité de la nutrition canine et féline.

Une lettre ne remplacera jamais la connaissance de l’animal

Le principe fondamental du Petfood-score ABCDE repose sur la volonté de simplifier les choix alimentaires grâce à une note allant de A à E.

Cette idée peut sembler séduisante dans un marché où les consommateurs recherchent des repères simples.

Cependant, la nutrition animale est un domaine trop complexe pour être résumée à une seule lettre.

Chaque chien est différent.

Chaque chat est différent.

Chaque situation est différente.

C’est précisément pour cette raison qu’aucune note universelle ne peut déterminer à elle seule la qualité d’une croquette. La véritable question n’est jamais de savoir si un aliment obtient un A ou un E, mais de déterminer s’il répond réellement aux besoins spécifiques de l’animal qui va le consommer.


Voir en ligne : Petfood-Advisor et la notion de Petfood Score